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LES
TUMEURS OSSEUSES
ÉVOLUTION DES SARCOMES DE BAS DEGRÉ DE MALIGNITÉ
Les sarcomes
de bas degré de malignité évoluent surtout localement.
Leur croissance indéfinie est généralement lente et progressive
sans signe inflammatoire. L'amyotrophie musculaire sus jacente
masque un temps la tuméfaction. Lorsque la tumeur augmente,
elle refoule en périphérie tous les éléments qu'elle rencontre.
Les tissus sains refoulés et comprimés forment une pseudocapsule
qui est souvent franchie par des nodules tumoraux et ne constitue
donc pas un plan de sécurité carcinologique.
Contrairement
au schéma classique, les sarcomes n'envahissent pas précocément
les éléments nobles, à proximité.
Pendant très longtemps, la croissance du sarcome se fait en
refoulant tous ces éléments (nerfs et vaisseaux) qu'il rencontre.
Certes, dans les très grosses tumeurs :
- les veines peuvent être
envahies mais généralement, à un stade tardif, et par l'intermédiaire
des veines efférentes de la tumeur. Cette
recherche de thrombus tumoraux intraveineux, doit donc être
systématique lorsqu'une tumeur volumineuse s'accompagne d'une
dilatation veineuse distale évoquant une gêne au retour veineux
principal. La découverte pré-opératoire d'un envahissement veineux
modifie en effet la technique opératoire, obligeant à pratiquer
une résection veineuse, en monobloc avec la tumeur principale.
- Les artères ne sont pratiquement
jamais envahies par la tumeur (dans notre relevé, 4 cas seulement
sur 500 malades). Par contre, l'artère est parfois attachée
à la tumeur par toutes les artérioles afférentes ; ce n'est
qu'après avoir désartériolisé la tumeur et lié toutes les collatérales
afférentes, que l'on s'aperçoit de l'intégrité du tronc artériel
principal.
- Les nerfs, entourés de
leur atmosphère cellulograisseuse, fuient également la tumeur
; les nerfs ne sont donc que très rarement envahis, en dehors
des sites anatomiques particuliers ou ils restent prisonniers
d'une gouttière fibreuse, les attachant à l'os (nerf radial
dans le tiers moyen de la diaphyse humérale, nerf sciatique
poplité externe autour du col du péroné).
Les
sarcomes osseux de faible degré de malignité diffusent selon
les points de faiblesse anatomique.
Leur expansion intramédullaire relativement précoce peut
se faire à distance de la tumeur initiale, s'accompagnant
d'une soufflure progressive de l'os, alors que la tumeur des
parties molles, reste peu volumineuse.
- Le tissu osseux spongieux offre une barrière relative à la
progression tumorale.
- Le cartilage de conjugaison et le cartilage articulaire résistent
beaucoup plus longtemps.
- L'envahissement articulaire, lorsqu'il survient (5 % des cas),
se fait habituellement au travers d'un tendon ou d'une capsule
articulaire par les parties molles, et non pas au travers du
cartilage articulaire.
LES
TUMEURS OSSEUSES
ÉVOLUTION DES SARCOMES DE HAUT DEGRÉ DE MALIGNITÉ
Les sarcomes
de haut degré de malignité évoluent habituellement plus vite
que les sarcomes de faible degré de malignité.
Ils s'accompagnent volontiers d'une hypervascularisation
régionale importante avec chaleur cutanée, et parfois de signes
inflammatoires.
Surtout, en plus de l'évolution de proche en proche, ils sont
susceptibles d'envoyer à distance des nodules de perméation.
Ces nodules de perméation peuvent siéger :
- dans les parties molles, bien au delà de la pseudocapsule
tumorale.
- Ils peuvent également siéger dans l'os, à plusieurs centimètres
de l'extension intramédullaire initiale (métastases sauteuses),
voire même dans un os adjacent (métastase fémorale inférieure
pour une tumeur de l'extrémité supérieure du tibia).
La
recherche de ces métastases osseuses à distance est essentielle
au bon choix du niveau de la section osseuse. Elle est actuellement
facilité par l'IRM qui peut prendre en quelques clichés l'ensemble
des diaphyses du membre, et par la scintigraphie osseuse.
La recherche pré-opératoire des nodules de perméation dans
les parties molles est beaucoup plus difficile ; il est exceptionnel
que leur taille permettent un repérage radiologique avant
la résection (figure). Aussi, doivent-ils être pris en compte
lors de la conception de la chirurgie, et constituent l'argument
principal du choix de la chirurgie aussi large que possible
dans les parties molles.
Le risque principal des sarcomes de haut grade de malignité
reste la diffusion générale. Cette
diffusion est très précoce, précédant ou étant concomittente
du premier signe clinique de la tumeur principale.
La fréquence et la précocité de cette diffusion générale (occulte
dans 90 % des cas), expliquent les mauvais résultats du traitement
local pur de ces tumeurs.
A
l'époque des amputations immédiates (dès le diagnostic et
même pour certains auteurs scandivanes avant le diagnostic),
85 % des malades atteints d'ostéosarcome de haut grade de
malignité et plus de 90 % des malades atteints de sarcome
d'Ewing mourraient dans les 2 ans, de métastases pulmonaires.
Le poumon représente en effet, le siège initial habituel
des métastases des sarcomes osseux, le second siège est habituellement
l'os. Des atteintes cérébrales ou ganglionnaires ont pu
être observées mais toujours après une diffusion première
au poumon ou à l'os.
Les sarcomes des parties molles de haut grade de malignité
ont une évolution grossièrement semblable. Cependant, quelques
tumeurs se singularisent par un trophisme particulier de leurs
métastases : atteinte ganglionnaire précoce et fréquente en
cas de rhabdomyosarcome, de synovialosarcome ou d'histiocytofibrome
malin, atteinte hépatique non exceptionnelle dans les liposarcomes
et les synovialosarcomes.
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