La
biopsie constitue la première phase du traitement
et doit être réalisée par le chirurgien qui effectuera
le traitement définitif.
EN
CAS DE TUMEUR BENIGNE
La
biopsie doit s'efforcer de fournir un matériel abondant et représentatif,
permettant ultérieurement de poser un diagnostic avec certitude.
Les voies d'abord classiques et les techniques chirurgicales habituelles
sont alors parfaitement adaptées.
EN
CAS DE TUMEUR MALIGNE
La biopsie doit non seulement fournir les moyens de diagnostic,
mais surtout ne pas gêner la chirurgie conservatrice future.
Ouvrant la tumeur, la biopsie entraine un ensemencement cellulaire
de toutes les parties molles exposées, imposant ultérieurement
la résection de la voie d'abord et de la cicatrice de biopsie
en monobloc avec la tumeur.
Pour cette raison, il est essentiel d'inclure le trajet biopsique
dans la ligne d'incision future et de ne jamais ouvrir les loges
anatomiques contenant les éléments nobles du membre, le plus
simple étant (après réalisation d'un scanner ou d'une IRM permettant
de concevoir l'éxérèse future) de passer en trans-musculaire,
"droit devant".
L'hématome
biopsique, qui provient de la tumeur est aussi une source de contamination
cellulaire
; pour limiter son abondance, il faut savoir se contenter dans
les cas les plus favorables de ne prélever que l'extension de
la tumeur aux parties molles, et en cas de trépanation osseuse
de combler la fenêtre de cette trépanation par du ciment acrylique.
Le trajet du redon peut également être à
l'origine d'un ensemencement cellulaire occulte, et devra
pour cette raison être enlevé avec la tumeur. Pour en faciliter
l'éxérèse, le plus simple est de faire ressortir le redon, lorsqu'il
est nécessaire, entre 2 points de la cicatrice de biopsie.
Ces règles
intangibles sont encore trop souvent transgressées et il est malheureusement
fréquent de voir les malades après des erreurs grossières :
- ostéosynthèse associée en un temps à la biopsie.
- biopsie inoculant les éléments nobles (artères et nerfs principaux).
- incision dans les plis de flexion (pour des raisons esthétiques)
ou incision oblique difficile à enlever et à agrandir.
- biopsie-éxérèse en un temps d'une tumeur qui paraissait bénigne,
geste inoculant les tissus sains et supprimant un témoin de chimiosensibilité
parfois indispensable au traitement optimal.
- incision double ou incision à l'opposé de l'atteinte des parties
molles.
De
telles erreurs sont graves car susceptibles de faire perdre définitivement
toute chance de guérison
(tumeur centrale), ou d'obliger à l'amputation
(tumeur des membres).
Elles restent fréquentes : dans notre expérience, une biopsie
irréfléchie est responsable d'amputation ou de récidive locale
dans près de 20 % des cas.
Il faut espérer
qu'à l'avenir, la prise en compte des conséquences graves de ce
geste encore trop souvent considéré comme mineur, évitera la répétition
de ces erreurs.
BIOPSIE
A L'AIGUILLE ET AU TROCARD
Les conséquences
parfois désastreuses d'une biopsie chirurgicale inadaptée au traitement
conservateur, ont incité certains auteurs à réaliser des biopsies
à l'aiguille. Si cette technique peut donner des résultats très
satisfaisants dans des équipes très entrainées, le faible volume
tumoral recueilli augmente le risque d'erreur (et ne permet pas
de réaliser tous les tests parfois nécessaires) tandis que le
trajet de l'aiguille peut être source de récidive locale, d'autant
qu'il est très difficile à retrouver (ultérieurement, à moins
que l'opérateur n'ait pris la précaution de tatouer le trajet
de manière indélébile).