LA CHIRURGIE
L'EXERESE TUMORALE
L'éxérèse
tumorale peut être réalisée en ouvrant la tumeur (éxérèse intratumorale),
ou sans l'ouvrir (éxérèse extratumorale).
Dans ce derniers cas, l'examen histologique des limites d'éxérèse
permet de classer l'éxérèse en marginale, large ou radicale.
POUR
ETRE CARCINOLOGIQUE :
l'éxérèse doit enlever, sans séparer aucun élément des autres,
la tumeur et toutes les extensions aux parties molles, la cicatrice
et la voie d'abord de biopsie, l'orifice de sortie et le trajet
du redon, ainsi qu'une couche suffisante de tissus sains tout
autour de la pseudocapsule (éxérèse monobloc extratumorale). Selon
la marge de tissus sains enlevés autour de la tumeur, l'éxérèse
monobloc extratumorale est schématiquement définie comme radicale,
large ou marginale.
L'éxérèse radicale
comporte l'ablation de l'os entier et de toutes les loges anatomiques
envahies même partiellement par la tumeur, des insertions musculaires
hautes aux insertions musculaires les plus basses ; elle permet
d'enlever, avec la tumeur visible, la totalité des nodules de
perméation régionaux, assurant ainsi un contrôle tumoral efficace
même en l'absence de traitements adjuvants.
Cependant, elle n'est pas toujours possible (tumeur centrale),
elle impose souvent l'amputation (tumeur non compartimentale d'un
membre) et lorsqu'elle est compatible avec la chirurgie conservatrice,
les séquelles fonctionnelles qui en résultent sont toujours importantes.
L'éxérèse
large
enlève une large couche de tissus sains, tout autour de la tumeur
sans jamais voir la pseudocapsule (quelques centimètres d'épaisseur
de muscles sains, une aponévrose, une synoviale, 5 centimètres
de fibres musculaires vers la racine du membre, 3 centimètres
vers l'extrémité distale, 3 centimètres de diaphyse saine, paraissent
suffisants). Une telle éxérèse enlève la majorité des nodules
de perméation régionaux, et permet à un traitement adjuvant
même peu efficace d'assurer le contrôle local tout en évitant
des séquelles fonctionnelles trop importantes.
Elle constitue un excellent compromis entre sécurité carcinologique
et résultat fonctionnel.
L'éxérèse marginale
est une éxérèse monobloc extratumorale qui passe, au moins un
en point, au contact direct de la pseudocapsule. En cas de tumeur
au contact des vaisseaux, elle représente parfois la seule alternative
chirurgicale à l'amputation. Cependant, elle risque de laisser
en place de nombreux nodules de perméation, et expose dans les
tumeurs friables à l'ouverture involontaire peropératoire.
Aussi, ne doit-elle constituer qu'une solution de nécessité, soigneusement
encadrée de traitements adjuvants très efficaces.
-
En cas de sarcome osseux
l'étendue de l'éxérèse monobloc, permet d'estimer
le risque de récidive locale après traitement
chirurgical isolé :
- moins de 5 % pour une éxérèse radicale,
- 10 à 30 % pour une éxérèse large,
- 40 à 60 % pour une éxérèse marginale.
-
En cas de tumeur bénigne
l'éxérèse peut ne pas être carcinologique. L'ouverture
peropératoire de la pseudocapsule tumorale lors
d'une éxérèse complète, définit l'éxérèse contaminée.
Le plus souvent, cette éxérèse est réalisée par
curetage après trépanation de la corticale de
la paroi superficielle de la cavité tumorale.
Pour être complet, le curetage nécessite un opérateur
entrainé, une fenêtre corticale large exposant
toute la cavité tumorale, de nombreuses curettes
(droite, courbre, contre-coudée, petite et grosse)
de la patience et de la minutie.
-
L'opérateur
doit effondrer toutes les logettes éventuelles
et franchir la coque tumorale, pour parvenir en
os sain. Quelle que soit la minutie avec laquelle
le curetage est réalisé, il s'agit d'un geste
qui laisse toujours quelques cellules résiduelles.
C'est pour cette raison qu'un certain nombre d'opérateurs
ont proposé le traitement des parois tumorales
par formolisation, nettoyage au laser chirurgical,
ou cryochirurgie.
L'éxérèse
incomplète (ou réduction du volume tumoral) laisse
un résidu tumoral macroscopique. Elle peut être indiquée lorsqu'une
tumeur bénigne à faible potentiel évolutif, est à proximité immédiate
d'un élément fonctionnellement essentiel (cartilage de croissance,
moelle épinière).
Trop souvent encore, l'éxérèse est réalisée avant le diagnostic
de manière non plannifiée : biopsie-éxérèse, de manière non plannifiée.
La pièce est alors examinée sans précaution particulière par un
anatomopathologiste non spécialisé dont l'attention est retenue
par le problème diagnostique. Il est alors généralement impossible
d'apprécier la valeur carcinologique de l'éxérèse.
|
|
 |
|