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LA RADIOTHÉRAPIE
Le
risque de cancer radio-induit contre-indique toute radiothérapie
dans les tumeurs bénignes, même réputées inopérables.
Dans les sarcomes osseux, les progrès de la chimiothérapie,
l'importance de l'examen histologique de la tumeur après chimiothérapie
pré-opératoire, et les progrès considérables de la chirurgie
conservatrice ont considérablement diminué les indications de
la radiothérapie.
TECHNIQUE :
Dans
la plupart des cas, on utilise des photons.
Selon la topographie, l'épaisseur de la zone à irradier, on utilise
soit le cobalt, soit les accélérateurs linéaires.
L'étalement classique comporte une dose quotidienne de 2 grays,
5 jours par semaine, soit 10 grays par semaine. Un surdosage localisé
peut être réalisé par une irradiation à l'aide d'électrons dont
la pénétration peut être choisie selon l'énergie fournie.
L'irradiation par protons ou neutrons a été proposée car susceptible
d'être plus efficace sur les tumeurs mal vascularisées et les
cellules quiescentes ; le prix des appareils et les faibles résultats
cliniques observés n'ont pas facilité jusqu'à présent, la généralisation
de ces appareillages.
La
dose à administrer à la tumeur dépend de l'histologie et de la
topographie.
Un
chondrosarcome ne peut guère être stérilisé à moins de 100 grays.
Le contrôle d'un ostéosarcome ostéogénique nécessite classiquement
80 grays (ou 65 - 72 grays si la
radiothérapie est combinée à une chimiothérapie potentialisatrice
telle que l'Adriamycine, le Platine ou l'Ifosfamide).
La radiothérapie d'un sarcome d'Ewing nécessite une dose
minimale de 45 grays.
Le lymphosarcome est une tumeur très radiosensible ; une
dose de 45 grays en étalement classique
permet de le stériliser.
L'imagerie
médicale informatisée (scanner et IRM) permet de déterminer les
champs d'irradiation bien mieux que les radiographies standard
ou les examens avec contraste. Ces champs d'irradiation doivent
inclure non seulement la tumeur visible mais aussi les zones de
diffusion occulte vraisemblables.
Les champs d'irradiation et leurs faisceaux doivent aussi tenir
compte des organes critiques proches de la tumeur à irradier (moelle
épinière, intestin grèle, poumons, cartilage de conjugaison).
RESULTATS
:
Malgré
les doses très élevées, la stérilisation d'un sarcome osseux,
autre que le lymphosarcome, est toujours incertaine.
Compte-tenu de la gravité des récidives
locales après radiothérapie, la radiothérapie exclusive des sarcomes
osseux n'est pratiquement plus employée par aucune équipe spécialisée.
En
dehors de son inefficacité habituelle, la radiothérapie des
sarcomes osseux expose à des complications propres.
Ces complications sont d'autant plus sévères que la dose délivrée
a été importante et que l'âge du malade était plus faible.
- La sclérose cutanée et l'amyotrophie musculaire sont la règle
dès que l'on dépasse 45 grays.
- Lorque la dose augmente et que le champ d'irradiation comprenait
le cartilage de conjugaison d'un enfant jeune, les raccourcissements
de membres, désaxations sont fréquentes.
- Les fractures radiques sont particulières fréquentes dans les
tumeurs lytiques (fibrosarcomes, ostéosarcomes télangectasiques,
sarcomes d'Ewing).
- Au membre supérieur, la fracture pathologique est souvent compatible
avec un résultat fonctionnel tolérable. Au membre inférieur par
contre, l'intérêt de la conservation d'un membre trop petit, déformé,
et parfois douloureux ne permettant aucun appui stable est discutable
ainsi la grande majorité des patients traités par irradiation
exclusive pour un ostéosarcome du membre inférieur réclament l'amputation
secondaire du membre si celle-ci n'a pas été imposée par une récidive
locale.
L'irradiation
à forte dose d'un sarcome osseux expose enfin au risque de sarcome
radio-induit. La survenue tardive de cet accident rend l'estimation
du risque difficile.
Cependant, plus le recul des séries publiées augmente, et plus
ce risque parait important (atteignant de 1 à 15 % selon les séries).
RADIOTHERAPIE
ADJUVANTE :
Les échecs locaux et les complications fonctionnelles de la radiothérapie
exclusive à forte dose sur un sarcome osseux ne doit pas condamner
une thérapeutique dont l'efficacité est plus forte sur les tumeurs
de petite taille, mieux vascularisées dans un micro-environnement
différent. C'est ainsi qu'une irradiation régionale adjuvante
visant à erradiquer des nodules de perméation régionaux peut se
discuter après éxérèse marginale d'une grosse tumeur peu chimiosensible
et que l'irradiation prophylactique des poumons à la dose de 20
grays correction air, a démontré son efficacité dans plusieurs
essais.
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