LES TRAITEMENTS MÉDICAUX
Peu de traitements médicaux sont efficaces sur les tumeurs bénignes ; on peut cependant citer l'infiltration de corticoides des kystes solitaires et des kystes anévrysmaux et le traitement par calcitonine des tumeurs à cellules géantes.
Le traitement médical des sarcomes osseux a transformé leur pronostic et constitue à bien des égards un modèle pour la cancérologie générale.
Schématiquement, les protocoles de chimiothérapie ont été mis au point en 3 phases :
- recherche des produits efficaces en monothérapie,
- sélection des associations les plus actives,
- enfin mise au point d'une stratégie propre à chaque maladie, tenant compte non seulement des produits, mais aussi de leurs doses totales, de leurs doses en m², de leurs doses-intensités (dose/m²/semaine) ainsi que de la durée totale du traitement.
RECHERCHE DES DROGUES ACTIVES EN MONOTHERAPIE
Pour chaque tumeur, les drogues actives en monothérapie ont été déterminées en étudiant l'évolution de lésion mesurable (le plus souvent les métastases pulmonaires).
Les diamètres principaux de la lésions sont mesurés avant tout traitement, puis après application de 2 à 3 cures de la drogue étudiée.
La réponse observée peut être classée en :
- réponse complète (disparition de toutes lésions mesurables),
- réponse partielle (diminution d'au moins 50% du produit des deux diamètres principaux),
- lésion stable (diminution de moins de 50 % du produit des deux diamètres principaux de la tumeur),
- maladie évolutive (toute augmentation de taille ou apparition de lésions nouvelles).
RECHERCHE DES DROGUES ACTIVES EN MONOTHERAPIE
L'emploi d'une association de plusieurs produits permet en effet de limiter le risque de résistance en frappant la cellule tumorale à plusieurs niveaux de sa division.
Elle permet également d'associer des produits de toxicité croisée permettant ainsi de potentialiser leur effet sans augmenter de manière parallèle leur toxicité.
Les associations les plus fréquemment utilisées dans les sarcomes osseux comportent :
- le BCD (Bléomycine, Cyclophosphamide, Dactinomycine),
- le VAC (Vincristine, Actinomycine D, Cyclophosphamide),
- le VACA (VAC + Adriamycine),
- l'association PA (Platine-Adriamycine) ou l'IPA (Ifosfamide + PA).
L'emploi de polychimiothérapies augmente le taux de réponse des lésions mesurables et la durée des réponses.
Cependant, la guérison des malades métastatiques par polychimiothérapie reste rare justifiant l'utilisation de ces associations en adjuvant ou néo-adjuvant, en tout cas avant l'apparition de métastases visibles.
Les indications respectives des différentes associations dépendent de la tumeur concernée seront vues avec chacune d'entre elles.