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LE CHONDROSARCOME
Le
chondrosarcome constitue la seconde tumeur osseuse maligne
primitive de l'homme avec une prévalence estimée à 120 nouveaux
cas par an en France, et représente par excellence la tumeur
de l'adulte.
Il se définit par l'absence de formation d'os par des éléments
cartilagineux tumoraux. Le chondrosarcome peut être primitif,
survenant sur un os auparavant sain, ou secondaire, compliquant
l'évolution d'une exostose ostéogénique qu'elle soit solitaire
ou multiple, ou d'un chondrome qu'il s'agisse d'un
- chondrome solitaire ou multiple,
- d'un chondrome central (enchondrome)
- ou d'un chondrome périphérique (echondrome).
Il survient 2 fois/3 chez l'homme entre 40 et 70 ans.
La moyenne d'âge de survenue étant 58 ans dans notre série.
Outre ces circonstances étiologiques variées, le chondrosarcome
présente de multiples formes histologiques dont l'évolution,
le pronostic et donc le traitement sont très différents.
A côté des formes communes de chondrosarcome, il faut citer
- le chondrosarcome à cellules claires,
- le chondrosarcome mésenchymateux,
- et le chondrosarcome dédifférencié.
Les
formes communes de chondrosarcome doivent être distinguées
selon leur degré histologique.
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Les
chondrosarcomes de degré I
sont des chondrosarcomes très bien différenciés dont le diagnostic
avec un chondrome bénin n'est pas évident.
Le stroma est en général normal, et seule la fréquence anormale
des cellules binuclées peut attirer l'attention. Ce chondrosarcome
de faible degré de malignité présente une évolution essentiellement
locale ou locorégionale. Il n'est sensible qu'à la chirurgie.
Son pronostic dépend presque uniquement de la qualité de l'éxérèse
chirurgicale qui est réalisée. En cas d'éxérèse large, la
guérison est quasiment certaine. Par contre, les éxérèses
marginales et à plus forte raison les éxérèses contaminées
sont menacées de récidive locale.
Celles-ci sont fréquemment tardives. C'est dire que la
surveillance d'un chondrosarcome doit durer au minimum 10
ans.
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Les chondrosarcomes de grade III
ne posent aucun problème diagnostique tant les monstruosités
cellulaires et les anomalies du stroma sont évidentes.
Il s'agit là de tumeurs de haut grade de malignité exposent
outre aux récidives locales, aux métastases à distance, qui
atteignent 60 à 70 % des cas dans certaines séries. Le
traitement chirurgical de cette tumeur doit être parfaitement
rigoureux car la moindre erreur (biopsie inadaptée ou éxérèse
marginale) se soldent par une récidive locale voire des métastases
à distance.
Cependant, même après traitement chirurgical carcinologique,
des récidives ou des métastases sont possibles du fait de
l'évolution de nodules de perméation ou de la difussion d'emblée.
Pour cette raison, si l'âge et l'état général du patient le
permettent, une chimiothérapie adjuvante est parfaitement
licite encore qu'elle n'ait donné jusqu'à présent que des
résultats peu brillants.
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Le chondrosarcome à cellules claires
est une forme histologique et évolutive particulière de chondrosarcome.
Il se singularise par sa topographie épiphysaire (sur la tête
fémorale ou la tête humérale) qui pose le problème diagnostique
différentiel avec un chondroblastome. Son évolution est habituellement
lente. Son traitement est purement chirurgical, et
son pronostic excellent lorsque la résection a été pratiquée
dans des conditions optimales.
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Le chondrosarcome mésenchymateux
est une forme rare de chondrosarcome qui peut se rencontrer
chez l'enfant jeune.
Il constitue d'ailleurs, avant 13 ans, le seul type de chondrosarcome
observé. Il associe l'agressivité locale habituelle des chondrosarcomes
à un potentiel métastatique élevé (le taux de métastases atteignant
40 à 60 % dans les différentes séries de la littérature).
Pour cette raison, le chondrosarcome mésenchymateux doit
être traité systématiquement par chimiothérapie associée à
la chirurgie d'éxérèse monobloc extratumorale.
Lorsque l'extension locale ou la localisation de la tumeur
ne permet pas de réaliser une éxérèse monobloc extratumorale
(tumeur du rachis), la radiothérapie après éxérèse contaminée
ne doit pas être oubliée. Nous avons pu ainsi obtenir une
rémission complète de plus de 10 ans chez un malade localement
dépassé.
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Le chondrosarcome dédifférencié
constitue l'un des pires sarcomes osseux.
Cette différenciation peut se faire soit sur le moede ostéosarcomateux,
soit sur le mode fibroblastique. Après traitement chirurgical,
l'évolution est dominée par des métastases quasi-constantes
qui emportent le malade en moins d'un an.
Compte-tenu de la gravité du pronostic, la chimiothérapie
est indispensable. Notre expérience permet de penser que la
chimiothérapie par méthotréxate haute dose, semblable à celle
de notre protocole ostéosarcome est très efficace. Depuis
que nous traitons par chimiothérapie néo-adjuvante les chondrosarcomes
dédifférenciés, nous avons pu obtenir des rémissions alors
que tous les malades traités auparavant par chirurgie qu'il
s'agisse de résections simples ou d'amputation, sont morts
de métastases (certains après récidive locale, malgré la radiothérapie
complémentaire).
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