Progrès et stagnation dans la chimiothérapie des
ostéosarcomes primitifs.
N. Delepine
1, S
Alkallaf
1, H. Cornille
4, B. Markowska
1, G.
Delepine²
1. Docteur Nicole Delepine - Docteur Salwa Alkallaf - Docteur Hélène Cornille - Docteur Barbara Markowska
Unité d’Oncologie pédiatrique et de l’adulte jeune – 125 rue de Stalingrad – 93000 Bobigny Cedex – Tél : 01.48.95.50.41 –
fax : 01.48.31.34.88
Introduction :
Il y a 30 ans, le diagnostic d’ostéosarcome des membres
était synonyme de mutilation et de mort. Plus de 70 % des malades mouraient de
métastases pulmonaires dans les 2 ans qui suivaient l’amputation. En l’an 2002,
60 % à 80 % des enfants et adolescents pris en charge dans des services
spécialisés survivent en première rémission complète avec un membre fonctionnel
au prix d’un traitement long et coûteux. Ce sont les étapes successives de ces
progrès et les conditions nécessaires aux bons résultats thérapeutiques, que
cette revue générale tente de rappeler.
Historique :
Les débuts de la chimiothérapie (1970-1975) :
Avant l’ère des chimiothérapies efficaces, le diagnostic
d’ostéosarcome de haut degré de malignité était synonyme de mort rapide. La
radiothérapie exclusive étant trop inconstamment efficaces, les lésions
siégeant sur les membres, étaient traitées par amputation haute immédiate.
Malgré ces mutilations imposées aux malades, les résultats étaient
catastrophiques : moins de 20 % des malades survivaient plus de 5 ans (1,
2, 3, 4).
Le caractère inévitable de la mort par métastases
pulmonaires, malgré des mutilations précoces, affirmait clairement que
l’ostéosarcome ostéogénique même apparemment localisé était, en fait, une
maladie diffuse et que le pronostic dépendait du traitement de la maladie
occulte généralisée.
A partir de 1970, quelques auteurs avaient essayé de traiter en
monothérapie les ostéosarcomes métastatiques. Cortes (5,6) avait ainsi démontré
l’efficacité de l’Adriamycine (ADR) et Jaffe (7,8)
celle du Méthotrexate (MTX). Jaffe montra, de plus,
que l’augmentation des doses de MTX et la plus grande fréquence des cures
(hebdomadaires au lieu d’être toutes les 3 semaines) augmentaient le taux
de réponses objectives de 15 à 85 % (9, 10). Cependant, le traitement par
monothérapie des ostéosarcomes métastatiques n’était pas satisfaisant. Après
une régression des images mesurables, on assistait, au bout de quelques mois
ou, dans les meilleurs cas, quelques dizaines de mois, à une reprise évolutive
qui finissait par emporter le malade. C’est pour cette raison que les auteurs
sont passés rapidement à des polychimiothérapies utilisant tous les produits efficaces dont
ils disposaient à l’époque : outre l’Adriamycine
(ADR) et le MTX haute dose (MTX HD), l’Endoxan, la Bléomycine et la Dactinomycine.
A partir de 1972., la démonstration de la plus grande chimiosensibilité des plus petites tumeurs, incita à
traiter par chimiothérapie les malades cancéreux apparemment non métastatiques
mais dont on savait que le pronostic après traitement local était très réservé.
C’était le principe de la chimiothérapie adjuvante donnée après traitement
radical de la lésion primitive. Depuis cette date de nombreuses tentatives de polychimiothérapie
adjuvante furent réalisée obtenant des taux de rémission complète à 5 ans
variant entre 30 et 50 % (11-27) (tableau 1).
Les protocoles Rosen
(1975-1980) :
En 1976, Rosen ,déçu de la chimiothérapie
adjuvante « aveugle », décida d’utiliser la tumeur primitive comme
témoin de chimio-sensibilité (« anti-mitogramme
in vivo ») (28). Il élabora ainsi le principe de la chimiothérapie
préopératoire (29) ultérieurement appelée chimiothérapie néo-adjuvante, concept
qui a révolutionné la cancérologie moderne non seulement des ostéosarcomes mais
aussi des autres tumeurs solides.
Son premier protocole néo-adjuvant, le T5, obtint 55 % de survie en
rémission à 4 ans (13). Rosen pu observer sur cette
série que les malades jeunes (moins de 12 ans) répondaient moins bien que les
malades plus âgés au MTX haute dose et, pour cette raison, il décida
d’augmenter la dose qui leur était administrée de 8 à 12 g/m²/cure (protocole
T7). Cette augmentation de dose de MTX chez les malades plus jeunes permis de
ramener leur espérance de guérison à un chiffre proche de celui des adultes. A
cette époque, Rosen craignait les risques de la
chimiothérapie préopératoire insuffisamment efficace. Lorsque la tumeur ne
paraissait pas répondre à la chimiothérapie, il augmentait les doses. L’examen
de la tumeur avant chaque cure de chimiothérapie par MTX (chaque semaine), lui
permettait de déterminer, pour un malade donné et pour une tumeur précise, la
dose de MTX efficace. Lorsqu’il obtenait la dose efficace, il poursuivait son
protocole en utilisant cette dose. Dans le protocole T7, les malades recevaient
donc, en fait, au minimum 8 g/m²/cure pour l’adulte, 12 g/m²/cure pour l
‘enfant et souvent davantage.
Huvos et Rosen avaient observé également que les
malades qui présentaient à l’examen histologie de la pièce d’exérèse de leur
tumeur, une nécrose tumorale totale ou subtotale, avaient un bien meilleur
pronostic que les autres (30). Pour cette raison, avec l’introduction du cisplatinium (31,32), il décida de modifier son protocole.
Les malades bons répondeurs à une chimiothérapie préopératoire par MTX HD
poursuivaient une chimiothérapie postopératoire comportant le MTX HD et l’ADR
sans platine. Les malades mauvais répondeurs à la chimiothérapie préopératoire,
recevaient, au contraire, une association d’ADR Cisplatine
mais sans plus de MTX. Les résultats préliminaires de ce nouveau protocole,
appelé T10 laissaient penser qu’une telle stratégie permettait de
« rattraper » les malades mauvais répondeurs au MTX préopératoire .
Ultérieurement, le bénéfice en survie apporté par l’introduction du cisplatine dans la chimiothérapie postopératoire des
mauvais répondeurs n’a pas été confirmé.
La publication par Rosen, de ses résultats
du T5, T7 en 1979 et T10 en 1982 (33), rencontra l’incrédulité et déclencha des
polémiques qui ne sont pas toutes éteintes aujourd’hui.
Nous verrons successivement les arguments qui soutenaient les
différentes opinions et qui constituent les bases actuelles de la
chimiothérapie avant de rappeler les conditions optimale d’utilisation du
méthotrexate.
Bases actuelles de la
chimiothérapie des ostéosarcomes :
1. Drogues
efficaces
L’observation du taux de réponses objectives en
monothérapie des lésions mesurables (métastases et tumeurs primitives) a permis
de déterminer les drogues les plus efficaces contre l’ostéosarcome. Il s’agit
du Méthotrexate haute dose (MTX HD), de l’Adriamycine (ADR), de l’Ifosfamide
(IFX), du Cisplatinum (CPX) et, à moindre degré, de
l’Etoposide, de la Bléomycine,
de Cyclophophasmide et de la Dactinomycine.
Il existe des corrélation statistiquement significatives
entre les doses administrées et les réponses observées pour l’ADR
(34 ,35), le MTX HD (9 ,10 ,36 ,37) , l’IFX, et le CPX.
Dans l’ études randomisée de
l’institut Rizzoli (38), et dans les séries de
l’hôpital Anderson Memorial
(39 , 40) l’administration
intra-artérielle de Cisplatinum, augmente le taux de
réponse par rapport à l’administration intra-veineuse .
L’analyse statistique des résultats des protocoles de
chimiothérapie administrés à de larges groupes de malades a permis de mettre en
évidence une corrélation entre la dose réellement administrée et les chances de
guérison pour l’ADR (34 ,41,42,43 ,44) et pour le HDMTX (41 ,
42, 43 , 44). Pour ce dernier produit, l’intensité de dose administrée
paraît plus importante que la dose elle-même ainsi que nous le reverrons. A ce
jour, aucune corrélation statistiquement significative n’a pu être établie
entre les doses ou les intensités de dose administrées d’autres produits (IFX,
CPX, Etoposide,) et les chances de survie en
rémission des malades.
2. Nécessité
d’une chimiothérapie même en l’absence de métastases visibles.
Dès le début des années 1980, Jaffe (10), Campanacci (14), et Rosen (29,
33) estimaient que les taux de survie qu’ils observaient sur leurs malades
traités par chimiothérapie étaient tellement supérieurs à ceux des malades
traités sans chimiothérapie qu’il n’était plus éthique de tenter un essai
chimiothérapie contre rien. A l’opposé, les médecins de la Clinique Mayo (45),
du National Cancer Institute de Washington (18)et de
certains autours tels que Carter (46), Lange (47) et Brostrom
(48), prétendaient que seul un essai randomisé, chimiothérapie contre rien,
pouvait permettre de trancher. Les tenants de la chimiothérapie refusèrent
d’entrer dans l’essai du MIOS (Multi-Institutional Osteosarcoma Group Study) et
poursuivirent leur traitement par chimiothérapie systématique. La publicité de
la polémique avait imposé aux promoteurs de l’essai qu’ils informent les
malades du bénéfice potentiel de la chimiothérapie et qu’ils leur permettent de
choisir leur traitement s’ils le désiraient. De fait, la moitié des malades
inclus dans cet essai du MIOS refusèrent d’être randomisés et optèrent très
majoritairement pour la chimiothérapie. L’essai, réalisé entre 1982 et 1984,
fut publié en 1986 (7 ans après les premiers résultats de Rosen).
Il confirma la supériorité de la chimiothérapie. Qu’ils aient été randomisés ou
non, les malades sans chimiothérapie avaient une espérance de survie en première
rémission de 11 %. Au contraire, qu’ils aient été randomisés ou non, les
malades traités par chimiothérapie avaient un espoir de première rémission
complète de 61 % (25). L’essai a du être interrompu après 22 mois d’inclusion
tant la différence était significative (35,49).
3. Intérêt
d’une chimiothérapie préopératoire
Rosen
dans ses plaidoyers pour la chimiothérapie préopératoire (29,33 50)
avançait quatre arguments principaux : faciliter la chirurgie
conservatrice, traiter plus tôt la maladie générale, déterminer la dose
optimale de méthotrexate par l’observation clinique et radiologique de la
tumeur primitive et fournir un critère histologique de réponse à la
chimiothérapie préopératoire pour tenter d’améliorer le pronostic des mauvais
répondeurs. Vingt ans plus tard la majorité de ses arguments ont été confirmés
par littérature.
La chimiothérapie préopératoire facilite la chirurgie conservatrice
et la rend plus sûre. Elle donne au chirurgien un délai de quelques semaines lui permettant
de réaliser le bilan d’extension locale et de faire construire la prothèse de
reconstruction osseuse nécessaire. Lorsqu’elle est efficace, elle fait
régresser la masse des parties molles et disparaître l’hypervascularisation
régionale diminuant d’autant la perte sanguine peropératoire
dont le rôle pronostique péjoratif a été établi (51). Actuellement, toutes les
équipes qui pratiquent la chirurgie conservatrice la réalisent après
chimiothérapie préopératoire. Nos travaux (52), l’étude de l’Institut Rizzoli (53) et celle du Groupe Allemand COSS (54) ont
montré d’ailleurs le risque plus élevé de récidive locale lorsque la chirurgie
conservatrice est réalisée sans chimiothérapie préopératoire efficace.
La valeur pronostique de l’administrative préopératoire de la chimiothérapie
sur la survie en rémission est plus incertaine. Traiter par chirurgie première ne retarde, en moyenne, que de 1 à 2
semaines la chimiothérapie prévue. Ce délai paraît insuffisant pour modifier le
pronostic. Deux études(27,35) ont comparé l’administration postopératoire pure
d’une chimiothérapie à la même association administrée aux mêmes doses mais
fractionnées en phases pré et
postopératoire. Aucune n’a retrouvé de différence significative (28,
33).
Le traitement préopératoire
n’est susceptible d’améliorer l’espérance de guérison que lorsque l’information
qu’il procure est utilisée, comme le faisait Rosen
(28,29) pour augmenter, si besoins, les doses de chimiothérapie initiales, ce
qui n’est, en pratique clinique courante, possible que pour le méthotrexate. La
chimiothérapie néoadjuvante de l’ostéosarcome
n’améliore donc le pronostic que si le protocole basé sur le HDMTX prévoit une
individualisation des doses de MTX avec escalade de dose lorsque la réponse
clinique n’est pas suffisante.
De la même manière, la réponse histologique à la chimiothérapie, évaluée selon les critères d’Huvos et Rosen (29,55) n’est utile au malade que si un changement
précoce de chimiothérapie permet de rattraper les mauvais répondeurs.
Le sauvetage des mauvais
répondeur apparaît très incertain dans la littérature. La plupart des essais
multicentriques comportent une longue phase (> 2 mois) de chimiothérapie
préopératoire et ne parviennent généralement pas à sauver les mauvais
répondeurs par le changement de chimiothérapie, surtout lorsque le changement
comporte l’arrêt du MTX HD considéré comme inefficace
(56 ,57 ,58 ,59,60)). Les publications rapportant un taux de
survie en rémission des mauvais répondeurs supérieur à 60 % sont ceux dont la
phase préopératoire a été courte : T10 de Rosen
(33,50) et notre protocole OSDD (61) qui comportent une phase préopératoire de
4 semaines.
En définitive, la
chimiothérapie préopératoire est utile au malade car elle facilite la chirurgie
conservatrice et diminue le risque de récidive locale mais elle n’augmente les
chances de guérison que si les informations qu’elle procure sont pleinement
utilisées dès la phase préopératoire pour réaliser une chimiothérapie
individualisée « sur mesure ».
4. Choix de
l’association optimale : méthotrexate haute dose ou adriamycine
- cisplatine
Rosen utilisait principalement le MTX HD. Malheureusement, le MTX n’est pas
très facile à administrer lorsqu’on n’en a pas l’habitude. C’est un produit
cher et son antidote également. Aussi, de nombreuses équipes ont préféré
utiliser d’autres drogues et en particulier l’ADR et le Cisplatinium.
Le promoteur de cette association bi-drogue a été Ettinger
(17). Sur une petite série de 22 malades, avec un recul relativement faible, il
obtenait un taux de survie en rémission de 64% peu inférieur à ceux de Rosen. Sur ce résultat préliminaire de nombreuses équipes,
ont testé l’utilisation de l’ADR – Cisplatinium, ce
dernier produit étant administré par voie intraveineuse pure ou par voie intraartériele lors de la phase de chimiothérapie
préopératoire..
L’Intergroupe Européen pour l’ostéosarcome (E.O.I.) a comparé cette
association ADR Cisplatinium intraveineux contre une
association comportant en plus du MTX à dose faible (au total 32 g/m²). Les
résultats de ce premier essai EOI1 ont laissé espérer que l’association ADR Cisplatinium donnait de bons résultats (57 % de survie en
rémission à 5 ans) (62).
De 1982 à 1984, nous avons participé à cet essai et constaté les
résultats médiocres (63) de cette association bidrogue
(DFS 40 % à 24 mois) qui nous ont
incités à quitter l’E.O.I. pour changer
de protocoles et suivre ceux de Rosen.
Aucun avantage pour la survie en rémission n’a été observée dans les
études randomisées comparant l
’administration intra-artérielle de Cisplatinum, par
rapport à l’administration intra-veineuse qu’elle soient multicentrique (COSS
86 (58) ou monocentrique,(38) malgré l’augmentation
éventuelle du taux de bonne réponses.
L’autorité du groupe multicentrique européen aidant, le traitement par
ADR Cisplatinium a été largement utilisé.
Malheureusement, la moyenne des taux de survie en rémission à 5 ans publiés
n’atteint pas 50 % (tableau 2)
(12,24,39 ,40,62,63,64,65,66,67,68,69,70,71).
En 1997, le 2ème essai de l’Intergroupe Européen pour
l’ostéosarcome reprenant la même association ADR-Cisplatinum a rapporté un taux de première rémission de
42 % à 5 ans. Les auteurs concluent que les résultats de l’association
bi-drogue ne sont pas satisfaisants (69).
En 2001, une étude commune des deux plus importants Centres Européens
de Cancérologie Orthopédique (l’Institut Rizzoli de
Bologne et le Royal Hospital de Birmingham) portant
sur 428 malades traités entre 1990 et 1997 a illustré la nécessite du HDMTX
(72).. Le taux de survie en rémission à 5 ans n’atteint que 43 % dans le Centre
qui a utilisé l’association ADR CDDP contre 56 % dans celui qui a utilisé du
méthotrexate haute dose dans son protocole . D’après les auteurs la différence
significative des taux de rémission observés ne peut être expliquée que par les
différentes chimiothérapies utilisées.
L’apparition de l’Ifosfamide (IFX) a permis
d’espérer que l’on pourrait augmenter les taux de survie en ajoutant ce 3ème
produit à l’association l’ADR – CDDP (73). Malheureusement, les essais publiés
n’ont pas été probants : l’addition de l’IFX à l’association de bi-drogue
ADR Cisplatinium, n’a pas, jusqu’ici, augmenté
significativement l’espoir de guérison (74,75,76,77).
Au total, malgré plus d’une vingtaine d’essais multicentriques et de
nombreuses études pilotes, les résultats du HDMTX administré par Rosen restent les meilleurs. Les résultats ont été
réévalués par Meyers(78) puis Glaser (79) qui les ont confirmés. Avec 15 ans de recul,
que les malades traités par les protocoles T7 et T10 de Rosen,
bénéficiaient d’un taux de survie en rémission complète supérieur à ceux
traités par tout protocole n’utilisant
pas de méthotrexate haute dose (tableaux
2 et 4).
Encore faut-il scrupuleusement respecter les règles d’utilisation du
méthotrexate mises au point dès 1980 par Rosen.
5. Conditions d’utilisation
optimales du méthotrexate : Importance de la dose de Méthotrexate et de l’intensité de dose et de l’hydratation :
Rosen avait insisté très tôt sur l’importance de la dose de MTX arguant le fait
qu’il fallait un minimum de 20 cures à 12 g/m² chez l’enfant soit 240 g/m²
(80). Il augmentait les doses des malades dont la tumeur n’avait pas répondu
lors de la cure précédente. Il avait également insisté sur la nécessité de ne
pas trop hydrater le malade après la perfusion de MTX qu’il pratiquait en 4
heures (55).
De nombreux groupes, intéressés par les résultats de Rosen, ont voulu reproduire ses résultats (Tabeau 3). Malheureusement, les doses de MTX administrées
ont été souvent inférieures à celles qu’il utilisait : le groupe
scandinave (84,88) a, par exemple, donné 8 g/m² jusqu’à 8 ans, alors que Rosen donnait, entre 8 et 12 ans, 12 g/m²/cure. De plus, la
plupart des équipes craignant des complications rénales ont poursuivi une
hyperhydratation intraveineuse pendant 3 à 5 jours « noyant » le MTX
et l’éliminant trop vite, alors que Rosen avait
d’emblée insisté sur l’arrêt de l’hyperhydratation systématique intraveineuse à
la fin de la perfusion de méthotrexate (37, 38).
Enfin, il n’a pas été pratiqué d’adaptation individuelle de posologie
en dehors des malades traités par quelques équipes spécialisées, comme notre
groupe à Paris (89 ,90), celui du Dr Favre à Marseille (91) et celui de Wozniak à Varsovie (92). Tous les essais multicentriques
qui ont voulu reproduire le protocole T10 de Rosen
ont administré des doses fixes pour tous les patients (selon le groupe d’âge)
et obtenus en partie pour cette raison des résultats inférieurs (tableau 3).
L’analyse des résultats de tous les essais utilisant le MTX HD et
publiés dans la littérature de ces 25 dernières années (93)., montre que la dose totale de MTX (figure 1) et
surtout l’intensité de dose) représentent les critères principaux d’un bon
résultat Il existe une corrélation linéaire étroite (significative à 1 pour
1000), entre l’intensité de dose de MTX administrée en g/m²/semaine et les
chances de guérison des malades (figure 2). Cela explique que dans les essais
qui donnent des doses faibles de MTX,
l’influence du MTX est pratiquement inapparente. Les protocoles qui obtiennent
plus de 70 % de guérison sont ceux où cette intensité de dose de MTX atteint
les 5 à 6 g/m²/semaine (44, 93) durant une période d’au moins 6 mois..
Importance du pic sérique de
méthotrexate :
Cependant, ainsi que Rosen l’avait déjà
pressenti dans les années 80, la dose et même
l’intensité de dose de méthotrexate
n’expliquent pas tout. En 1989 nous avons démontré qu’il existait une
corrélation entre le pic sérique de MTX (et l’aire sous la courbe) et le
pourcentage de bons répondeurs histologiques(61),. Plus le pic sérique est
élevé, plus le taux de bons répondeurs augmente. Cette constatation a été
confirmée par les travaux de l’Institut Rizzoli (94)
et par le groupe scandinave des sarcomes osseux analysant le protocole T10
scandinave (84,88).
De plus, un taux sérique élevé et une aire sous la courbe
de méthotrexatémie élevée, augmentent
les chances de guérison des malades. Nous l’avions observé, sur nos propres
malades, lors des années 84/85 (69)). Ce fait a été confirmé sur les malades
Austro-Allemands traités par le protocole COSS 80 (95). Cela a été également
retrouvé pour les malades scandinaves, répondeurs intermédiaires du protocole
SG6 (84,88), pour les malades israëliens traités
par Cohen (96), pour les malades espagnols de Munoz
(87), pour les malades de HongKong par Kwong (85), et
enfin validé sur la grande série des malades traités à l’Institut Rizzoli (97).
La valeur pronostique du taux du pic sérique du MTX et de l’aire sous
la courbe de la méthotrexatémie explique que les malades trop hydratés aient un
moins bon pronostic ainsi que l’avait remarqué Rosen
et confirmé les auteurs scandinaves (84).
On ne peut actuellement différencier le facteur le plus important (pic
sérique ou l’aire sous la courbe) car ils sont intimement liés ni avancer de
chiffres précis pour le meilleur pic sérique. Nous avions observé, comme valeur
significative 1000 µmol/l à la fin d’une perfusion de 6 heures. Dans la série
de l’institut Rizzoli, pour une perfusion de 6
heures, la médiane de méthotrexatémie significative était à 700 µmol/l (pour 8
g/m²/dose). Dans le COSS 80, à la fin d’une perfusion de 4 heures, la valeur
prédictive était de 1000 µmol correspondant à une aire sous la courbe d’environ
1/3 moindre que la nôtre mais dans l’étude de l’Institut Rizzoli,
comme dans celle du COSS 80, les doses de MTX utilisées étaient nettement
inférieures aux nôtres et des taux sériques élevés trop rarement atteints pour
permettre d’en étudier statistiquement la valeur. Les malades inclus dans les essais COSS
ultérieurs étudiés par Graft avaient un meilleur
pronostic lorsque leur pic sérique de MTX dépassait 1300 µmol/l à l’issue d’une
perfusion de 4 heures. Rosen prône un pic sérique de
1450 µmol/l à l’issue d’une perfusion de 4 heures.
Cependant ,compte-tenu de l’hétérogénéité de l’ostéosarcome, il est
douteux qu’une valeur précise de pic sérique représente une garantie
d’efficacité, chaque tumeur réclame une exposition particulière au
méthotrexate. Ces valeurs ne constituent, en fait, que des valeurs minimales de
sécurité.
L’importance de l’individualisation des doses de MTX en
fonction de la pharmacocinétique est suffisamment établie pour que plusieurs
équipes la pratiquent déjà (86, 92, 98) et que l’essai multicentrique
italo-scandinave actuel prévoit non plus
seulement une dose de 12 g/m²/cure mais également un taux sérique minimal de
1000 µmol à la fin de la perfusion (99).
Comme on ne sait pas si l’aire sous la courbe est plus importante que
le pic sérique, on ne peut pas non plus déterminer quelle est la durée optimale
de la perfusion, 4 heures comme Rosen et le groupe
COSS , 6 heures comme notre équipe, celle des Japonais de Tokyo et celle
l’institut Rizzoli ou 8 heures comme le groupe de
Marseille. La comparaison des expériences des différents groupes devrait
permettre, dans le futur, de déterminer cette durée optimale de perfusion.
Si le pic sérique est le facteur primordial, il vaut mieux faire une
perfusion courte qui permet d’obtenir à dose perfusée égale un pic sérique plus
élevé. Au contraire, si l’aire sous la courbe est le facteur prédominant, la
longue durée de perfusion est essentielle.
Conclusion :
Il y a un peu plus de 20 ans, Rosen a fait
progresser considérablement le traitement des ostéosarcomes en utilisant la tumeur
primitive comme témoin de l’efficacité thérapeutique et en adaptant
individuellement les doses de MTX permettant ainsi de guérir à long terme plus
de 75 % des malades. S’il s’agissait d’un domaine de sciences physiques,
d’autres équipes auraient tenté de reproduire son expérience sans aucune modification des conditions de
traitement. Malheureusement, la suspicion
de certains, l’approche
statistique dominante et la pression pour un coût de traitement moindre ont
abouti à des protocoles se réclamant de ses principes mais n’appliquant que sa
« recette » sans en respecter la philosophie.
On peut espérer que l’analyse
des essais multicentriques dont la survie en première rémission à 5 ans
ne dépasse pas 60 %, permettra de réorienter plus efficacement, pour les
malades, les futurs protocoles thérapeutiques en utilisant
l’individualisation de la dose de MTX par l’étude de la pharmacocinétique et
par l’observation de la tumeur primitive prônée par Rosen.
Légendes des figures
Figure 1 : Corrélation entre le
taux de survie en rémission à 5 ans et la dose totale de méthotrexate (p <
0.02).
Figure 2 : Corrélation entre le taux de
survie en rémission à 5 ans et d’intensité de dose de méthotrexate (p <
0.001).
Figure 3 : Valeur pronostique du
pic de méthotrexatémie dans le protocole COSS80.
Figure 4 : Valeur pronostique d’un pic de
méthotrexatémie supérieur à 700 µmol dans les protocoles de l’Institut Rizzoli.
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Tableau
1 : taux de survie après traitements adjuvants : Moyenne pondérée 46
%
Auteur
(Année)
Référence
|
Centre
Ville (Pays)
Essai
|
Période
d’inclusion des malades.>
|
Nombre de patients étudiés
|
% de survie en rémission
à 5 ans>
|
|
|
Herson J.
1980
(11)
|
Multicentrique US>
Compadri I
|
3.71 –
9.74
|
43
|
55 % à
36 mois
|
|
|
Cortes
EP
1981
(12)
|
Multicentrique US
C.A.L.G.B.)
|
11.71-12.75
|
102
|
44 %
|
|
|
Rosen G>
1974 (13)
|
MSKCC New
York (US) T4
|
1972-1975
|
37
|
55 % à
4 ans
|
|
|
Campanacci M.
1980 (14)
|
Institut Rizzoli (IT)
Protocole
A
|
1972-1976
|
55
|
43 %
|
|
|
Bleyers WA
1982 (15)
|
Seattle (US)
|
1973-1977
|
22
|
61 %
|
|
|
Herson J.
1980
(11)
|
Multicentrique US Compadri II
|
5.73 - 8.74
|
30
|
37 %
|
|
|
Goorin AM
1985 (16)
|
Dana Farber Inst(US)
Etude 2>
|
1974-1976
|
20
|
50 %
|
|
|
Campanacci M. 1980 (14)
|
Institut Rizzoli (IT)
Protocole
B
|
1976-1978
|
35
|
42 %
|
|
|
Ettinger LJ
1978 (17)
|
Roswell Park M.
Buffalo (US)
|
01.76-12.79
|
22
|
64 %
|
|
|
Goorin AM
1985 (16)
|
Dana Farber Inst(US)
Etude 3
|
7.76-12.81
|
46
|
59 %
|
|
|
Edmonson JH
1984 (18)
|
Clinique Mayo
Rochester (US)
|
11.76- 5.80
|
20
|
42 %
|
|
|
Winkler K.
1984
(19)
|
Multicentrique européen
COSS 77
|
1977-1980
|
68
|
46 %
|
|
|
Bacci G.
1986
(20)
|
Institut Rizzoli (IT)
Protocole C
|
1978-1979
|
42
|
42 %
|
|
|
Burgers
JM
1988
(21)
|
Multicentrique
Européen
EORTC-SIOP>
|
1978-1985
|
240
|
24 %
|
|
|
Avella M
1988
(22)
|
Institut Rizzoli (IT)
Protocole
MTX LD
|
1980-1983
|
106
|
42 %
|
|
|
Eilber F.
1987 (23)
|
UCLA
Los Angeles (US)
|
1981-1984
|
32
|
44 %
|
|
|
Trapezinov V
1996 (24)
|
Blockin H Moscou (Ru) Adr>
|
12.81-1.83
|
41
|
56 %
|
|
|
Link HP
1986 (25)
|
Multicentrique US
MIOS
|
1982-1984
|
165
|
63 %
|
|
|
Trapezinov V
1996 (24)
|
Blockin H Moscou (Ru)
Adr CDDP
|
12.82-12.86
|
33
|
44 %
|
|
|
Avella M
1988
(22)
|
Institut Rizzoli (IT)
3 adj
|
1983-1986
|
32
|
63 %
|
|
|
Krailo M
1987 (26)
|
Multicentrique US
C.C.G.741
|
8.83-10.86
|
268
|
37 %
|
|
|
Goorin A>
1996
(27)
|
Multicentrique US
POG
8651 Adj
|
11.86-12.93
|
56
|
65 %
|
|
Tableau 2 : Résultats des protocoles néoadjuvants
basé sur l’association Adriamycine Cisplatinium. Moyenne pondérée :47%
Auteur
Année
(Référence)
|
Centre
(Pays)
Essai
|
Dates d’inclusion. >
Dose
Plat.( mg/m²)>
administration>
|
Nombre de patients étudiés
|
(% de bons R)
% de survie en rémission
|
|
Benjamin RS
1992 (40)
|
Houston Ped
H.
Texas (US)
|
79-82
120 IA
|
37
|
(59%)
54 %
|
|
Petrilli AS
1991 (64)
|
Camargo Hospital
Sao Paulo- (Brésil)
|
01/82-12/86
120 IA
|
96
|
(53%)
44 % à 3 ans
|
|
Le Cesne A
2001
(65)
|
IGR
Adultes –
Paris
(Fr)
|
82-98
100 IV
|
71
|
(35%)
48 %
|
|
Bramwell VHC
1992 (62)
|
Multicentrique Européen
EIO80831
|
01/83 –12/86
100 IV
|
99
|
(41%)
57 %
|
|
Hudson M
1990 ( 39)
|
Anderson
Memorial Ped. Houston Texas (US)
|
1971-1989
120-160 IA
|
67
|
(60 %)
60 %
|
|
Delepine N.
1986 (63)
|
AP-HP-
Paris
(Fr)
|
11/83-11/85
100 IV
|
16
|
(38 %)
40 %
|
|
Quintana
J
1991(66)
|
Université
Santiago
Chili
|
01/83-08/87
120 IA
|
29
|
(58%)
58 %
|
|
Benjamin RS
1992 (40)
|
Houston Ped
H.
Texas (US)
|
83-88
160 IA
|
60
|
(68%)
61 %
|
|
Schartzman E
1996
(67)
|
Hôpital
Italien
Buenos Aires
(Argentine)
|
84-87
120 IA
|
30
|
(40%)
36.6 %
|
|
Susmerwale SS
1996
(68)
|
Tata
MH
Bombay
(Inde)
Protocole
A
|
85-88
100 IV
|
30
|
(25%)
30 %
|
|
Souhami RL
1997
(69)
|
Multicentrique Européen EIO
80861
|
12/86-01/91
(100)
IV
|
195
|
(30%)
44 %
|
|
Trapezinov V
1996 (24)
|
Blockin
H Moscou (Ru)
Adr+CDDP
|
12/86-01/94
150 IA
|
50
|
46 %
(40%)
|
|
Laguerre
B
1996
(70)
|
Institut
Curie -
Paris (Fr)
|
09/87- 11/95
120 IA
|
86
|
47 %
|
|
Blay JY
2000
(71)
|
Multicentrique
français
(FR)
OSAD 93
|
94-98
100 IV
|
59
|
43 % à
4 ans
|
Tableau 3 : Résultats des protocoles néoadjuvants
basés sur le HDMTX ayant tenté de reproduire les résultats de Rosen .Moyenne pondérée : 63%
Auteur
Année
Référence
|
Centre
Pays
Essai
|
Période
d’inclusion.>
|
Nombre de patients étudiés
|
% de survie en rémission
à 5 ans>
|
|
Meyers PA
1998
(78)
|
MSKCC NY (US)
T7
|
3/76-6/78
|
75
|
77 %
|
|
Kropej C
1991(81)
|
Höpital de Vienne
Autriche
|
76-85
|
98
|
72 %
|
|
Meyers PA
1998
(78)
|
MSKCC NY (US)
T10
|
7/78-11/81
|
57
|
76 %
|
|
Brunat Mentigny
1988
(59)
|
Multicentrique français SFOP
T10
|
1979-1986
|
105
|
54 %
|
|
Winkler K
1984
(52)
|
Multicentrique Européen
COSS 80
|
1980-4/82
|
101
|
64 %
|
|
Kalifa C
1988 (60)
|
IGR
pédiatrique
T10
|
04/81-09/86
|
60
|
58 %
|
|
Ekert H
1993 (82)
|
RCH Melbourne
Australie
|
1982-1992
|
29
|
68%
|
|
Leung S
1997
(42)
|
Sydney
Australie
|
1981-1992
|
27
|
59 %
|
|
Weiner M
1986 (83)
|
Mont Sinaï H
NY (US)
|
1981-1984
|
25
|
77 %
|
|
Saeter G
1991
(84)
|
Multicentrique scandinave
|
1982-1989
|
97
|
54 %
|
|
Winkler K
1988
(57)
|
Multicentrique Européen COSS
82
|
05/82-11/84
|
118
|
55 %
|
|
Kwong DLW
1998
(85)
|
HongKong
(Chine)
T10
|
1985-1995
|
19
|
65 %
|
|
Delépine
N.
1995
(36)
|
AP-HP Paris (FR)
DD1
|
1986-1992
|
27
|
82%
|
|
Winkler K
1990
(58)
|
Multicentrique Européen COSS
86
|
02/86 – 11/88
|
153
|
67 %
|
|
Meyers PA
1998 (78)
|
MSKCC NY (US)
T12
|
11/86-10/93
|
61
|
76 %
|
|
Goorin A
1996 (27)
|
Multicentrique US
POG Nadj
|
11.86-12.93
|
45
|
63 %
|
|
Duffaud D
2000
(86)
|
Marseille
T10
|
1987-1997
|
35
|
65 %
|
|
Munoz Villa
A 1996(87)
|
Madrid (SP)
T10
|
1986-1995
|
27
|
70 %
|
|
Philips
T
1999
(74)
|
Multicentrique Français
HELP
|
03/89-07/93
|
62
|
59 %
|
Tableau 4 : Autres protocoles néo-adjuvants
Auteur
Année
(Référence)
|
Centre
(Pays)
Essai
|
<> >
<>Période d’inclusion.>
|
Nombre de patients étudiés
|
% de survie en rémission
<>à 5 ans>
|
|
Bramwell VHC
1992 (52)
|
Multicentrique Européen
EOIS 1 80931 3
drogues
|
01/83 –12/86
|
99
|
41 %
|
|
Souhami RL
1997 (54)
|
MulticentriqueEuropéen
EOI 80861 4
drogues
|
12/86-01/91
|
195
|
44 %
|
|
Bacci G
1988 (81)
|
Institut Rizzoli Bologne (IT)
néoadjjuvant 1
|
3/83 – 6/86
|
127 – HD67
\ MD60
|
50 %
|
|
Bacci G
1988 (81)
|
Institut Rizzoli
Bologne (IT)
néoadjuvantj 2
|
9/86-12/89
|
164
|
61 %
|
|
Bacci G
2001 (67)
|
Institut Rizzoli
Bologne (IT)
néoadjuvantj 3
|
01/90- 12/92
|
120
|
66 %
|
|
Bacci G
2001 (67)
|
Institut Rizzoli
Bologne (IT)
néoadjuvantj 4
|
01/93-07/95
|
162
|
56 %
|
|
Meyer WH
2001 ( 83)
|
St Jude Memphis (US)
OS91( CaboP+Etop)
|
91-96
|
47
|
67 %
|
|
Provisor A
1997 (84)
|
Multicentrique
US
C.C. G. 782
|
08/83-10/86
|
268
|
55 %
|
|
Uchida A
1997 (85)
|
Japon
OSS B
|
86-89
|
25
|
62 %
|
|
Voute PA
1999 (63)
|
Multicentrique Européen
E.O.I. Phase II
Association triple IPA
|
9.86-10.90
|
43
|
57 %
|